La lumière bleue, émise en abondance par les éclairages modernes à LED, a suscité l'attention des autorités sanitaires, notamment à travers un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) publié en 2019, qui a souligné de possibles répercussions sur la santé. Cette énergie lumineuse, caractérisée par une courte longueur d'onde et une énergie élevée, peut potentiellement causer un stress oxydatif aux cellules rétiniennes en cas d'exposition intensive et prolongée, bien que le risque direct pour la rétine en usage domestique courant soit actuellement jugé minime. Cependant, un impact significatif et bien documenté de la lumière bleue concerne la production de mélatonine, l'hormone régulatrice du sommeil. Une exposition à une lumière riche en bleu en soirée perturbe clairement l'endormissement et les rythmes circadiens naturels, affectant ainsi la qualité du repos.
Les effets de la lumière bleue varient selon les individus, avec certaines populations plus sensibles à ses influences. Les enfants, dont le cristallin est plus transparent, sont particulièrement vulnérables, car davantage de lumière bleue atteint leur rétine, et l'exposition nocturne aux écrans peut gravement perturber leur sommeil. Bien que le lien entre les LED domestiques et la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) reste hypothétique, la myopie est une préoccupation majeure, le temps passé en extérieur réduisant ce risque. Les personnes âgées voient leur sensibilité à l'éblouissement augmenter avec l'âge, et une exposition excessive pourrait contribuer au vieillissement prématuré des tissus oculaires. Les personnes souffrant de migraines et d'épilepsie sont également concernées, car un scintillement imperceptible de certaines LED de faible qualité peut déclencher des crises ou des maux de tête. Enfin, pour les femmes enceintes, les données humaines sont limitées, mais la perturbation du sommeil maternel due à la lumière bleue pourrait avoir des conséquences.
Pour atténuer les conséquences de la lumière bleue, des mesures simples et efficaces peuvent être adoptées. Il est conseillé d'éviter les jouets et les luminaires décoratifs à LED très éclatants, et d'encourager les enfants à passer du temps à l'extérieur, en bénéficiant de la lumière naturelle. Il est également préférable d'éteindre les écrans au moins une à deux heures avant le coucher, et d'activer les filtres de lumière bleue (mode nuit) sur les appareils électroniques. Réduire la luminosité des écrans en soirée est aussi une pratique bénéfique. Quant au choix des ampoules, privilégiez les mentions «blanc chaud», en évitant celles d'égal ou supérieur à 4 000 kelvins le soir, et vérifiez l'absence de scintillement. Utiliser un variateur de lumière peut également aider à ajuster l'intensité selon le moment de la journée. Les lunettes anti-lumière bleue, dont l'efficacité fait débat, peuvent être une option supplémentaire. L'objectif n'est pas d'exclure les LED, mais de les intégrer judicieusement dans notre environnement quotidien, en harmonie avec nos rythmes biologiques et notre santé.
En somme, il est essentiel de gérer notre exposition à la lumière bleue, en particulier le soir, pour protéger notre vision et préserver la qualité de notre sommeil. En adoptant des habitudes éclairées et en choisissant nos éclairages avec discernement, nous pouvons tirer parti des avantages des LED tout en minimisant leurs éventuels effets négatifs sur notre bien-être, pour une vie plus saine et équilibrée.